vendredi 18 juin 2010

« L'Ecole » de bande dessinée de Saint-Etienne : un autre Marcinelle ?

L’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Saint-Etienne, municipale par son statut, a été créée en 1857 pour former des créateurs et répondre aux besoins des manufactures soucieuses de la diversité décorative de la production. C'est un établissement d’enseignement supérieur, placé sous la tutelle pédagogique du Ministère de la Culture.
Si elle figure parmi les établissements les plus réputés de l’hexagone, c’est grâce non seulement à la qualité des formations qu’elle délivre dans le domaine artistique, le design et la communication, mais aussi à la Biennale Internationale Design – la seule du genre en France.
Lire son histoire sur : Forez-info.com

Dans les années 1970, de nouvelles options sont créées aux côtés de l'option Art : "Communication et Environnement". Ce qui a apparemment attiré quelques jeunes d'alors, comme Chantal Montellier, Jean-François Biard, Pika (Pierre Tranchand), Luc Cornillon, Yves Chaland, Jacques Terpant, Lax, Francis Vallés, ou Nicole Claveloux (dessin jeunesse)....

Ors, à la même époque, en 1974 exactement nait une revue qui allait tout bouleverser et surtout donner un sacré coup de pouce à ces jeunots: Metal Hurlant.

Yves Chaland, né le 3 avril 1957 à Lyon, entre à l'école des beaux-arts de Saint-Étienne en 1975, où il crée avec Luc Cornillon (né lui aussi en 57) son propre fanzine, L'Unité de Valeur.
Jean-Pierre Dionnet, rédac en chef de Metal qui a remarqué le travail de Chaland et Cornillon dans L'Unité de valeur, leur commande en 1978 une série d'histoires courtes pour Métal Hurlant et Ah Nana ! Ces pastiches de la bande dessinée des années 50 sont réunis en album dans Captivant. Ce sera le début de leur glorieuses carrières. Malheureusement pour Chaland, celui-ci est victime d'un accident de voiture avec son fils en Juillet 1990.

Jacques Terpant, né en 1957 aussi, y découvre une bande de copains. Il réalise son premier album Branle bas de combat en 1982 avec Luc Cornillon. Sa carrière se poursuit dans la publicité et l’illustration. Il a sortit récemment la série « Sept cavaliers » chez Delcourt qui fait un carton.

Serge Clerc, originaire de Roanne, rejoint la bande et fera aussi carrière dans Metal hurlant, Rock & folk, Best...et la publicité, avec son trait fin et anguleux, très fashion et bien dans son époque. Un peu « oublié » dans les année 90, il est revenu en 2000, mais n'a cependant pas retrouvé sa splendeur passée.

Chantal Montellier devient professeur d’arts plastiques en lycées et collèges, tout en menant un travail de création personnelle. En 1972, elle commence à publier des dessins de presse politique. Bon nombre de ses albums ont été publiés par la maison d'édition de Metal hurlant : les Humanoïdes associés. Elle publie encore, dans un domaine de politique fiction toujours pertinent.

Francis Vallès se lance dans la BD en 1983 en publiant Une Enquête à chaud pour le magazine Triolo, tout en travaillant pour Je Bouquine. Il sera reconnu nationalement et adapté à la TV bien plus tard, pour le dessin de la série des huit tomes des « Maîtres de l'orge », scénarisée par Jean van Hamme.

Cette "école" a représenté à un moment donné (les années) 80 le souffle d'une nouvelle bande dessinée adulte et alternative, un peu punk dans l'esprit, mais pleine de respect pour ses ainés, issus des maisons classiques Tintin et Spirou (La fameuse « ligne claire ».) Elle a inspiré des suiveurs, mais le culte de certains reste fort, comme pour Yves Chaland, l'un des plus doué et prolifique d'entre eux, auquel une association rend hommage et qui organise chaque année depuis deux ans une rencontre à Nerac, sa ville d'origine.
Les amis de Freddy Lombard », du nom d'un de ses personnages fétiche.)
Aujourd'hui, Saint Etienne semble retrouver néanmoins une vraie identité BD grâce à l'énergie du duo Deloupy et Alep de Jarjille éditions, respectueux descendants de cette école. (Lire un précédent article sur le blog "1caseenmoins")

> Ca tombe bien, une exposition rend hommage à ces auteurs du 12 juin au 26 septembre au château des Bruneaux, 3 rue Chauzy Firminy.



Sélection de bouquins récents :
– Jacques Terpant : Sept Cavaliers, Tome 1 et 2 (Delcourt)
– Chantal Montellier Le procès (Franz Kafka) nov 3009, Actes sud
– Cornillon : (et autres) bd sur les kinks dans "Rock Strips" (Flammarion, sept 2009)
– Yves Chaland « Coeurs d'acier » (Champaka, sept 2008) et « Portrait de l'artiste » (livre hommage) (Champaka Sept 2008)
– Serge Clerc : Summer of the eighties , 17 auteurs explorent les années 80 » (Dargaud Juin 2009)
– Deloupy, Alep (Jarjille) (la rélève) : Faussaires tome 1 et 2 (à paraître)


– Sources :
http://terpant.over-blog.com
BD75011 (Manuel F. Picaud)
Bedetheque
Forez-info.com

A lire :
http://www.yveschaland.com/events/images-events/interieur-chaland.pdf
http://lebrunf9.free.fr/chaland/
http://lesamisdefreddy.blogspot.com/
http://users.skynet.be/chmbd/
http://nicole.claveloux.free.fr/
http://www.terpant.com/
http://www.montellier.org/
http://www.neuvieme-art.com/encyclo/auteurs/Francis-Valles-717
http://rockstrips.blogspot.com/2009/07/les-kinks-par-luc-cornillon.html

mardi 15 juin 2010

L'école stéphanoise de bande dessinée expose !!

C'est étonnant, au moment où je focalise sur Jarjille et le renouveau de la BD stéphanoise, voilà t'y pas que le musée de Firminy organise une exposition sur le concept, du 12 Juin au 26 Septembre.
(Dédicaces le 12 Juin !)

A lire, l'article sur le blog des amis de Fredy Lombard (Chaland), et Le lieu, les tarifs

Ps : merci à Philippe Teyssier pour l'info.


vendredi 4 juin 2010

Aliens plus qu'humains

Aliens
1 : plus qu'humains
John Arcudi, Zach Howard...

Soleil US comics
Mai 2010

La licence Aliens Twentieth century fox a déjà été développée par chez nous dans le passé par quatre maisons d'éditions ou collection : Zenda, Dark horse France, le Téméraire et Weeta.
Cela échappe encore à Panini et cette fois-ci, c'est Soleil avec un nouveau label lancé en Mars qui s'y colle.

La collection "Soleil Us comics" propose un petit format cartonné d'assez belle facture, (106 pages couleur dont quatre de couvertures US) et on comptera 9 volumes en tout d'ici fin Juillet.
Seront entre autre disponibles dans la série Aliens : Aliens vs Predator, soit apparemment un titre déjà paru chez dark horse en 1996 et 1998, et qui n'avait pas franchement retenu l'attention, et (Aliens) Predator. Si ce dernier est la réédition du titre Téméraire paru en 1999 et écrit par Chris Claremont, "Espèces meurtières", pourquoi pas ?

Pour celui qui nous intéresse aujourd'hui, "Plus qu'humains", c'est une nouveauté parue récemment en quatre comics aux USA (et sa version TPB).
Un Aliens de plus ? pourrait-on entendre, tant la licence du monstre de HG Giger semble être rentable, en BD comme au cinéma.
Mais ce comics est une bonne surprise dans la mesure où il offre un scénario plutôt bon (normal, John Arcudi est un crac qui a d'ailleurs déjà bossé sur la créature) et le dessin passe assez agréablement.
Le style de Zach Howard est fluide et l'encrage de Mark Irvin amène une similitude avec le dessin d'un Cary Nord.

L'histoire se passe sur une planète où une patrouille est dépêchée pour faire le point sur une base de prospection minière. Les colons présents sur place ont cependant du mal avec un vestige extraterrestre qui prend possession de leurs esprits.
Même si on a droit aux scènes habituelles de batailles entre monstres et humains (mais pas que..), l'intelligence du scénario se situe au niveau du prélude et de l'effet psychotrope de la planète sur la race humaine, où seule la peur permet d'en réchapper (...)
L'utilisation d'un personnage cyborg apporte aussi son lot de bonnes surprises.

Les superbes couvertures peintes par Raymond Swanland s'ajoutent comme un bonus supplémentaire à ce premier bon titre one shot.
Une collection à suivre...

> Comics disponible à Nebular store, place du marché, à Roanne.
La collection Soleil US comics

mercredi 2 juin 2010

"Read this" ! * (American Splendor de Pekar enfin traduit)

Anthologie American splendor vol.1
Harvey pekar et divers
Ca et là, Sept 2009

J'ai déjà eu l'occasion sur d'autres blogs de dire du bien de cette série indépendante américaine créé par Harvey Pekar en 1976. Mais il s'agissait de recueils US.
Depuis, les éditions Ca et là ont eu la bonne idée de traduire les 22 premières histoires en français, regroupant dans un premier volume les "American splendor" n°1 à 7, parus à l'origine entre 1976 et 1982.

Lire American splendor, (et en français, cela est encore plus prégnant) c'est comme prendre une leçon, comme se ressourcer.
Harvey Pekar a eu ça de génial très tôt (un des premiers ?), c'est de comprendre qu'il pouvait exprimer toutes ses pensées grâce au média bande dessinée.
Le pire, c'est qu'il n' a même pas eu à se prendre la tête avec le dessin, il a su trouver des amis pour mettre ses réflexions en image. Quoi de plus cool ?

Non seulement ses petites scénettes basées sur des dialogues ou réflexions de tous les jours entre divers protagonistes tiennent la route et évoquent pas mal de sujets, mais le traitement graphique de la plupart des artistes apporte un plus indéniable à l'ensemble, faisant de American splendor un exemple de littérature (graphique).

Parfois, comme dans ce "Cold world" de Gerry Shamray, seules deux silhouettes blanches ou noires échangent leur propos, le lecteur devant fixer davantage son attention sur les dialogues. Mais que ce soit à l'aide de cet aspect radical ou en se servant d'autres traitements graphiques, et sans parler de trouvailles, chaque artiste déniche des détails, fixant des attitudes, révelant telle ou telle pensée, permettant au lecteur attentif de prendre des leçons de dessin.

Cornelius devrait publier (d'après Ca et là) en 2010-2011 le recueil des histoires dessinées par Robert Crumb, l'artiste culte underground de la génération hippie (aujourd'hui bien connu des français car vivant dans notre sud) qui a permis à Pekar de réveler son talent au milieu des 70's mais... n'attendez pas ce bouquin pour dévouvrir American Splendor, d'autant plus qu'après lecture, et même en tant que fan de Crumb, ce ne sont finalement pas ces pages qui auront retenues le plus mon attention..

Que vous vous intéressiez à la collection de vinyles, au jazz, à la politique (et l'anarchie : "Boston, nov 1980"), à la vie de couple ("the day before the be in", où comment, après avoir quitté son appart' au petit matin pour acheter du café et laisser ainsi dormir sa petite femme, on revient sans, mais avec tout un tas d'autres trucs, parce qu'on a croisé entre temps des potes en ville et qu'on a discuté musique... et qu'on l'embrouille au retour avec des histoire de service de presse et d'articles critiques qu'on écrit pour une revue de jazz, ...) ; aux relations humaines en général... ou à la philosophie, vous prendrez du plaisir à lire American splendor.

(*) Allusion à l'un des récits sur une belle leçon de vie : "Read this", par Gary Dumm et Greg Budgett (1981)

Voir le site des éditions Ca et là et la fiche consacrée au livre

Lire mes précédentes chroniques d'American splendor sur IDDBD

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